Diaboulimie

Faire la lumière sur un trouble alimentaire unique aux gens atteints de diabète de type 1 (DT1)   

Les troubles de l’alimentation sont relativement courants chez les personnes atteintes de DT1. En fait, près d’un enfant diabétique de type 1 sur 5, et une femme sur 4, montrent des signes de perturbation dans leur comportement alimentaire. 

La diaboulimie est un trouble de l’alimentation qui touche principalement les jeunes femmes atteintes de DT1. Les personnes qui en souffrent évitent ou restreignent délibérément la prise d’insuline dans le but de perdre du poids, explique le Dr Michael Vallis, du Behavior Change Institute de la Régie de la santé et de l’Université de Dalhousie de la Nouvelle-Écosse, à Halifax. 

Bien que restreindre la quantité d’insuline entraîne une perte de poids, quiconque vit avec le DT1 sait que cela entraîne aussi la montée vertigineuse de la glycémie et, avec le temps, de ses effets néfastes sur la santé, et dont les conséquences peuvent mettre la vie en danger. 
 
La diaboulimie peut accélérer l’apparition de complications liées au DT1 chez les jeunes, dont la cécité, l’insuffisance rénale et des amputations de membres, des complications que l’on observe habituellement chez des patients beaucoup plus âgés. 

L’une des plus graves complications est l’acidocétose diabétique, laquelle est caractérisée par le manque d’insuline et qui dicte au corps de brûler des graisses pour carburer, entraînant de la toxicité dans le corps et possiblement un coma, ou même la mort. 

Les cas de diaboulimie ne sont pas officiellement répertoriés, ajoute le Dr Vallis. On estime que de 6 à 7 % des gens atteints de DT1 en souffrent.  Emilee Wilson est l’une de ces personnes. Cette professeure de ballet de 24 ans a reçu le diagnostic de DT1 à l’âge de 1 an et se dit heureuse, en santé et en train de se rétablir aujourd’hui de la diaboulimie.

Le combat d’Emilee contre les troubles alimentaires a commencé à l’âge de 11 ans avec le développement de l’anorexie. À l’âge de 16 ans, ses habitudes alimentaires ont passé de sérieuses restrictions à la boulimie et ensuite aux méthodes purgatives. Elle a découvert la diaboulimie par hasard, ayant remarqué une perte de poids après avoir omis de prendre de l’insuline. 

« En commençant à jouer avec les quantités d’insuline, je me suis rendu compte que j’avais le pouvoir de contrôler mon poids. J’ai arrêté de surveiller mes taux de glycémie parce que je savais qu’ils seraient élevés. Je mangeais tout ce que je voulais », raconte Emilee.  

Mais à un moment donné, des symptômes sont apparus, laissant présager les méfaits d’un mauvais contrôle de la glycémie. Emilee souffrait d’une fatigue « insupportable » et a remarqué un important déclin dans sa capacité à se concentrer. 

« Je n’arrivais plus à effectuer même les tâches quotidiennes les plus simples. Je fonctionnais à peine et j’ai dû quitter l’université et mettre fin à ma plus grande passion : la danse », raconte-t-elle. 

Emilee a participé à des programmes traditionnels pour les troubles alimentaires, dont un programme intensif comprenant une hospitalisation, mais ils n’ont pas mené à un rétablissement durable. 

Le Dr Vallis explique que cela n’est pas surprenant. Les programmes traditionnels de traitement des troubles alimentaires ne mettent pas l’accent sur les besoins uniques des patients atteints de diaboulimie, les vouant souvent à l’échec. 

Emilee a fini par réussir en prenant en charge son propre rétablissement. Pour elle, cela a consisté en une combinaison de stratégies apprises des différents programmes de traitement, de yoga en pleine conscience et d’expression artistique. 

« Je faisais face au choix de mourir ou de vaincre, car je ne pouvais plus supporter de vivre avec un trouble alimentaire. Ce fut un long processus marqué de plusieurs rechutes, mais j’étais décidée à retourner sur la bonne voie le plus rapidement possible », raconte Emilee.

La diaboulimie étant encore une maladie relativement peu connue, sensibiliser le public et la communauté médicale à cet état est donc essentiel à la prévention et à une meilleure gestion. La clé : concevoir des programmes de traitement ciblés et axés sur une gestion optimale du diabète et sur le traitement des causes fondamentales du trouble de l’alimentation », explique le Dr Vallis.

« Si vous ou quelqu’un que vous connaissez croyez souffrir de diaboulimie, communiquez avec votre équipe de soins en diabète ou votre médecin de famille afin de discuter des options de services et obtenir un soutien », insiste le Dr Vallis. 

1. Diabetes Care 36:3382–3387, 2013
 

Connaître les signes de diaboulimie

Selon la US National Eating Disorders Association, voici les signes possibles de diaboulimie :  

  • Taux d’hémoglobine A1C de 9,0 ou plus sur une base continue
  • Perte de poids inexpliquée
  • Fréquent besoin d’uriner ou soif persistante
  • Préoccupation envers l’image corporelle
  • Données de glycémie qui ne correspondent pas aux résultats d’hémoglobine A1C
  • Dépression, changements d’humeur et fatigue
  • Taux de glycémie, injections et consommation de nourriture tenus secret
  • Infections de la vessie et aux levures à répétition
  • Faible taux de sodium et de potassium
  • Augmentation de l’appétit, surtout pour les aliments sucrés
  • Annulation des rendez-vous chez le médecin

Source: www.nationaleatingdisorders.org

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