L'essai marquant sur la maladie rénale liée au DT1 ne donne pas le résultat principal attendu, mais nous livre de précieuses leçons.

8 août 2020

Au cours des dernières années, l’existence de meilleurs moyens de contrôle de la glycémie et de l’hypertension a fait diminuer les complications rénales chez les personnes atteintes de diabète de type 1 (DT1). La maladie rénale demeure toutefois l’une des principales complications du diabète qui peuvent mener à la dialyse ou à une greffe de rein. FRDJ a fait des stratégies qui mèneraient à une réduction des complications rénales un volet important de sa stratégie générale en matière de recherches. Jusqu’à maintenant, plusieurs études ont montré que les personnes qui ont des taux élevés d’acide urique dans le sang sont plus vulnérables à une diminution des fonctions rénales. Cette constatation a donné lieu à l’essai clinique PERL visant à prévenir la perte précoce des fonctions rénales en contexte de diabète (en anglais seulement), une initiative mixte de chercheurs de l’Amérique du Nord et du Danemark. Financée en partie par FRDJ, l’étude de trois ans a compris l’essai de l’allopurinol, un médicament en vente sur le marché depuis les années 1960 pour réduire les taux d’acide urique dans le cas de la goutte, auprès de 530 patients atteints de DT1 et d’une maladie rénale de précoce à modérée. En se fondant sur des années de données probantes, dont un essai pilote prometteur appuyé par FRDJ, les chercheurs ont émis l’hypothèse que l’allopurinol réduirait l’incidence ou la gravité de la maladie rénale chez les personnes atteintes de DT1.

Tout au long de l’essai comparatif avec placebo, la mesure clé de la fonction rénale des patients a été le débit de filtration glomérulaire (DFG), qui mesure la quantité de sang filtré par les reins toutes les minutes et qui chute lorsque la fonction rénale diminue. Les résultats de l’étude ont montré que les taux d’acide urique diminuaient de 35 % en moyenne chez les personnes qui ont reçu l’allopurinol sur les trois ans de l’essai, comparativement à ceux qui ont reçu un placebo. L’allopurinol n’a cependant eu aucune influence sur le DFG, ce qui a incité les chercheurs à conclure qu’il ne prévenait pas la maladie rénale liée au DT1.

« Ce n’est pas le résultat que nous souhaitions, a dit Peter Senior*, chercheur à l’Université de l’Alberta et collaborateur à l’essai PERL, mais il nous donne une réponse très claire à une question scientifique importante. »

Les essais cliniques qui visent spécifiquement à mesurer les atteintes des reins sont assez rares en DT1. L’essai PERL était vraiment remarquable parce qu’il a montré qu’il est possible de réussir des essais concernant les reins chez les personnes atteintes de la maladie. De plus, l’infrastructure et les cohortes actuelles de l’essai, de même que les leçons tirées de l’étude, seront mises à profit dans des études futures portant sur d’autres médicaments.

« PERL a été un exemple classique de la prise en compte d’observations cliniques et de résultats de recherche préliminaires qui donne à penser qu’il existe un potentiel d’une nouvelle utilisation pour un ancien médicament, puis de la conception d’une étude pour répondre de manière définitive à la question de savoir si ce médicament serait efficace comme nouveau traitement, a dit M. Senior*. Dans ce cas, le médicament n’a montré aucun des bienfaits escomptés. C’est exactement pour cela, cependant, que nous faisons des essais cliniques et que notre compréhension scientifique s’approfondit. Nous ne voulons pas recommander des traitements parce qu’ils devraient 'en théorie' fonctionner ».

Les travaux visant à découvrir des moyens de réduire le risque de complications rénales liées au DT1 se poursuivent. FRDJ finance actuellement des études de suivi de biopsies provenant des participants à l’essai PERL afin de mieux comprendre la maladie rénale liée au DT1. De plus, un essai de phase 2 australien (en anglais seulement), financé par FRDJ, porte sur un médicament totalement nouveau (appelé GKT137831) auprès d’adultes atteints de DT1 qui ont des signes précoces d’insuffisance rénale. Ce médicament réduit les dommages aux reins causés par le stress oxydatif à l’échelle cellulaire. L’hypothèse est la suivante : la réduction du stress oxydatif par le GKT137831 préviendra ou ralentira la diminution de la fonction rénale chez les personnes atteintes de DT1 qui participent à l’essai. Enfin, FRDJ Canada finance un essai clinique d’un médicament oral appelé dapagliflozine qui peut être pris en même temps que l’insuline pour réduire les biomarqueurs des complications, notamment les complications rénales, chez les adolescents atteints de DT1.

*cité dans Folio, le quotidien numérique de l’Université de l’Alberta

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