Vivre au Japon avec le diabète

Kim Cooper, notre blogueuse invitée, raconte son voyage au Japon et les nombreux défis qu’elle a dû surmonter à cause du DT1.

Kim CooperKonnichiwa le choc culturel! J’ai fait mon premier voyage au Japon dans le cadre d’un échange universitaire. J’avais hâte d’apprendre la langue et de baigner dans la culture du pays. J’ai non seulement dû m’habituer aux aléas de la vie dans un pays étranger riche en traditions inhabituelles et uniques, mais j’ai aussi eu à m’adapter aux nouveaux défis que présente le quotidien avec le diabète de type 1 dans un contexte autre. Voici les cinq obstacles les plus importants qui ont jalonné mon séjour :

1. Le vol interminable

Je suis arrivée à l’aéroport international de Kansai d’Osaka, au Japon, après un vol d’environ 15 heures. Je n’avais jamais volé plus de quatre heures d’affilée avant ce voyage-ci et je ne maîtrisais pas la gestion de mon diabète dans un avion. Bien sûr, j’aurais pu me fermer les yeux et m’imaginer en train de faire de l’exercice pour brûler les calories du repas de bord, mais malheureusement, cela aurait été en vain. J’ai dû plutôt subir les hauts et les bas tant redoutés de ma glycémie. Entre l’hypoglycémie et l’hyperglycémie durant tout le vol, les effets montagnes russes de mon taux de sucre m’ont appris une leçon essentielle : apporter sa propre nourriture, même en se rendant au pays du Soleil Levant.

2. L’invasion du riz vapeur (gohan)

J’étais hébergée dans une famille qui, même au courant de mon état de santé, me proposait des mets traditionnels japonais. Il y avait toutefois un problème de taille : la délicieuse portion de riz blanc vapeur qui m’attirait systématiquement matin, midi et soir (oui, du riz, même au déjeuner). Si je faisais mine de l’ignorer lorsqu’elle chuchotait mon nom en anglais, elle m’incitait à la dévorer en japonais. Pour une raison que j’ignore, il m’était plus difficile de résister au gohan qu’au riz, malgré le fait que je savais fort bien qu’il s’agissait d’une quantité trop importante de glucides. Chaque repas était une épreuve de volonté pour résister au gohan.       

3. Trains de banlieue

Dès que j’ai pris place à bord du train de banlieue, je me suis demandée laquelle, de l’hypoglycémie ou de l’angoisse, était la cause de ma transpiration abondante. Je n’avais jamais vu autant de personnes dans si peu d’espace. Et je n’avais jamais imaginé que j’aurais de la difficulté à atteindre mes comprimés de sucre dans un train bondé en essayant  de ne pas lâcher le poteau qui me maintenait en équilibre. J’ai pris l’habitude de planifier mes besoins avant d’embarquer dans un train bondé!

4. Konbini

Les dépanneurs japonais, les konbinis, ont poussé encore plus loin la tentation. Les konbinis sont remplis de succulents repas riches en calories comme les obento (boîtes à lunch), les onigiri (boules de riz) et les ramen instantanés. Et comment étais-je supposée ignorer le chocolat emballé dans un joli papier rose? Les étagères de bonbons regorgeaient de petites douceurs tentatrices. Toutefois, j’ai vite constaté l’effet très peu enviable qu’avait sur moi un excès de chocolat du konbini! Il valait mieux pour moi éviter tous les konbinis après mes cours.

5. Soutien

La chose la plus difficile de mon séjour au Japon était d’être isolée de mon réseau de soutien.

Je téléphonais régulièrement à ma famille, mais ce n’était pas comme les avoir près de moi pour me confier et parler de mes problèmes. Ma famille, mes amis et des organismes comme FRDJ m’aident à composer plus facilement avec ma situation et c’est encore plus évident quand on voyage outre-mer.

Malgré les défis que m’a posés le diabète durant mon séjour, j’ai vécu l’une des plus belles périodes de ma vie! L’expérience m’a rendue plus forte et plus déterminée que jamais. Je sais que le diabète ne m’empêchera jamais d’accomplir ce que je veux. Elle a également préparé le terrain pour mes prochains voyages au Japon!

Avez-vous déjà eu à gérer votre diabète en voyage? Racontez-nous votre histoire.

Kim CooperNotes biographiques: Kim Cooper est la rédactrice en chef de OWL Magazine (owlkids.com) et vit avec le diabète de type 1 depuis plus de trente ans. Elle adore écrire des histoires, apprendre au sujet de la santé et de la mise en forme de même qu’échanger avec les membres de la communauté des diabétiques.

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