Bien manger : de quoi alimenter la réflexion sur la gestion du diabète de type 1

Bien manger : de quoi alimenter la réflexion sur la gestion du diabète de type 1

Mars est le Mois de la nutrition au Canada et le thème de la campagne de sensibilisation du public cette année est Découvrez le pouvoir des aliments. Pendant tout le mois de mars, des diététistes de partout au pays aideront les Canadiens à prendre conscience du pouvoir des aliments pour carburer, découvrir, prévenir et guérir. Chaque personne ayant des besoins particuliers, l’objectif est de prendre notre santé en main et de trouver les meilleurs moyens pour alimenter notre corps et assurer notre bien-être.

Chris Cornish

Chris Cornish est bien placé pour savoir qu’une mauvaise alimentation, surtout avec une maladie grave comme le diabète de type 1 (DT1), peut entraîner des conséquences dévastatrices. Ce joueur de tennis de compétition originaire de Montréal a reçu le diagnostic à l’âge de 14 ans en 1990. Il connaissait les symptômes parce que sa plus jeune sœur était atteinte de la maladie, mais Chris les a ignorés pour se concentrer sur son sport, jusqu’à ce que ses parents le convainquent de consulter un médecin. Étant un adolescent qui ne s’arrêtait jamais, il se souvient combien il était difficile de compter les glucides et d’assurer le suivi de ses injections d’insuline.

« J’étais très en colère », se souvient Chris. « Étant au début de l’adolescence, j’ai eu de la difficulté à accepter la nouvelle. « Il m’a fallu du temps pour adapter mon alimentation parce que je devais trouver les aliments qui fonctionnaient bien pour moi, de même que les quantités d’insuline qui vont avec. Être un athlète de compétition atteint de DT1 entraîne un lot de défis. L’activité physique m’aidait à maintenir mes taux de glycémie à un niveau relativement normal lorsque j’étais moins discipliné avec mes injections et mes choix alimentaires, mais je devais constamment boire un peu de jus pendant que je jouais au tennis. »

Johanna Balge est diététiste et éducatrice pédiatrique spécialisée en diabète au Scarborough and Rouge Hospital. Depuis 11 ans, elle aide les familles à apprendre à gérer la nourriture avec les besoins en insuline et les activités après avoir reçu le diagnostic de DT1.

 « Parmi les défis les plus courants pour les jeunes qui viennent de recevoir le diagnostic est celui de ne pas pouvoir manger ce qu’ils veulent quand ils veulent, c’est pourquoi je conseille aux familles d’aborder la nourriture et le diabète avec la notion d’équilibre », explique Johanna. « Il est important de favoriser une variété d’aliments sains, et même d’inclure des gâteries si elles font partie des habitudes alimentaires, et aussi de comprendre comment équilibrer la prise de nourriture avec la quantité appropriée d’insuline. »

Johanna croit qu’il est essentiel de rencontrer régulièrement l’équipe de soins en diabète et un diététiste pour bien gérer le DT1.

« Parlez de vos objectifs et de votre mode de vie avec votre équipe de soins », recommande-t-elle. « Travaillez avec eux pour trouver ce qui répond le mieux à vos besoins. »

Après avoir passé quatre ans à jouer au tennis aux États-Unis grâce à une bourse d’études et peu de temps à la gestion de son DT1, la santé de Chris s’est mise à se détériorer sérieusement.  

« J’avais 29 ans, je faisais de très mauvais choix alimentaires et je testais ma glycémie rarement », se souvient-il. « Je prenais un grand verre de thé glacé très fort dès mon réveil pour faire grimper mes taux de glycémie et je passais presque le reste de la journée à essayer de les faire baisser. Je mangeais aussi beaucoup de mets préparés et surgelés qui contenaient très peu ou pas d’aliments nutritifs. J’ai pris du poids et je me suis retrouvé coincé dans un cycle vicieux où mes taux de sucre étaient incontrôlables. »

Selon Jill Middlemiss, diététiste clinicienne et éducatrice agréée en diabète au Children’s Hospital en Colombie-Britannique, l’alimentation est aussi importante pour une personne atteinte de DT1 que pour une personne qui ne l’est pas lorsqu’il est question des nutriments adéquats pour maintenir le corps en santé. Prendre des boissons gazeuses n’est pas le meilleur choix pour la santé qu’on soit atteint de la maladie ou pas; la seule différence est que la personne qui n’est pas atteinte de DT1 ne sera pas confrontée à un taux élevé de sucre en réponse.

« Le taux de sucre des personnes atteintes de DT1 varie en fonction des types et des quantités des aliments, explique Jill, ce qui est plus complexe que le simple fait de compter les glucides dans l’assiette. Choisir de bons repas et des collations saines qui comprennent une variété d’aliments est une stratégie qui profite à tous les membres de la famille, et qui aide à maintenir des taux de glycémie sains. De plus, un traitement flexible d’insuline qui satisfait le sentiment de faim et de satiété qui s’en suit peut aider les personnes à atteindre les taux de glycémie souhaités et à se sentir bien avec leurs choix alimentaires. »

Après une infection des os qui lui a presque coûté un pied et un diagnostic de grave rétinopathie diabétique en 2010, Chris a compris qu’il devait apporter des changements majeurs à son mode de vie. Le thé glacé et les aliments préparés, les éléments clés de son alimentation, ont été remplacés par de l’eau, des protéines maigres et des légumes. Chris a perdu 70 livres. Toutefois, le DT1 a détruit sa vue et entraîné un décollement de la rétine au point où il a dû subir une intervention.  

« Nous tenons la vue pour acquis. Mon diagnostic a changé ma façon de penser et de traiter mon diabète », confie Chris. « J’ai subi plusieurs interventions et j’ai perdu la vue pendant un certain temps, je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. J’ai continué à surveiller ma glycémie souvent et à bien manger parce que je croyais que mes chances de retrouver la vue et ma vie étaient plus grandes en contrôlant le plus possible mon diabète. »

Heureusement pour Chris, sa vue s’est améliorée en 2012 et les interventions ont cessé. Mais une autre dure réalité a fait surface.

« Lorsque mes yeux se sont stabilisés, j’ai réalisé que je ne voyais plus assez bien pour jouer au tennis au niveau compétitif ni pour enseigner, j’avais donc un choix à faire », raconte Chris. « Je savais que je devais me tourner vers des choses que je peux gérer à proximité, et j’avais un intérêt pour la condition physique et la nutrition. Un ami m’a suggéré de devenir entraîneur personnel, et ce fut une révélation! »

Chris a reçu sa certification en 2014 et a commencé à faire du bénévolat à titre d’entraîneur personnel au YMCA de l’Ouest de l’Île. Un an plus tard, il est devenu entraîneur privé et a récemment été embauché pour occuper le poste de superviseur de la salle de poids.   

« L’exercice est redevenu une partie de ma routine quotidienne, même si je ne peux plus jouer au tennis », dit Chris. « L’exercice m’aide à maintenir mes taux de glycémie à un niveau normal et à faire face aux frustrations quotidiennes de la vie avec le diabète. J’aime être entraîneur personnel parce que cela me permet d’aider les gens avec leur santé et leur image de soi. Et en plus, en partageant mes expériences, j’espère motiver les autres à mieux prendre soin d’eux. »

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Pour des informations sur la nutrition et le diabète de type 1, parlez avec votre éducateur en diabète et votre équipe de soutien. Pour en savoir plus sur le Mois de la nutrition au Canada et les activités qui y sont liées dans votre région, visitez Les diététistes du Canada. Visitez également FRDJ pour accéder à des articles informatifs sur la santé et le bien-être.

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