L'exposition microbienne durant la grossesse pourrait possiblement offrir une protection contre le diabète de type 1

Le microbiome – notre communauté bactérienne intestinale – est composé de trillions de bactéries, de parasites, de virus et de champignons qui vivent dans et autour de nous et interagissent directement avec notre système immunitaire. Le microbiome protège l’organisme des agents pathogènes, des cancers, des maladies cardiovasculaires et des maladies inflammatoires chroniques dont des allergies, des maladies du cerveau et des maladies auto-immunes. Des études cliniques ont démontré au cours des récentes années que les changements dans la composition ou la fonction du microbiome peuvent favoriser le développement du diabète de type 1 (DT1), ou offrir une protection contre le DT1.

Le rôle du microbiome est important dans la formation et le développement à maturité du système immunitaire dès le stade précoce de l’existence. Les nourrissons qui se développent dans l’utérus se trouvent dans un environnement stérile, mais une fois arrivés dans le monde extérieur, ils sont également exposés aux bactéries. Le type d’accouchement (vaginal ou par césarienne) modifie le microbiome intestinal du nouveau-né et mène à différents produits de bactéries qui interagissent avec le système immunitaire en développement du bébé, ce qui fait partie d’un développement normal. Il y a par contre une période critique après la naissance durant laquelle un microbiome relativement diversifié doit s’établir de sorte à stimuler le système immunitaire néonatal et offrir une protection contre des maladies. Les recherches ont démontré que ce processus s’amorce même avant la naissance par l’exposition à des produits microbiens issus de la communauté bactérienne intestinale de la mère.

La Dre Kathy McCoy, chercheuse financée par FRDJ et directrice du Centre international du microbiome à l’Université de Calgary, est d’avis que le microbiome pourrait être le facteur unique le plus important qui peut être altéré non seulement pour prévenir des maladies, mais également pour favoriser la santé et le bien-être. La recherche qu’elle mène en ce moment vise à mieux comprendre les mécanismes moléculaires et cellulaires précis à l’aide desquels le microbiome forme notre système immunitaire, de même qu’à cibler des périodes de temps durant la grossesse et la petite enfance où les signaux du microbiome peuvent contribuer à la protection contre le DT1. Avec son équipe, elle poursuit des études sur le DT1 avec des modèles animaux qui serviront à confirmer si des variations dans le microbiome peuvent aider à prévenir ou à améliorer la vulnérabilité des nouveau-nés au DT1.

Dre Jayne Danska, chercheuse financée par FRDJ, étudie également le rôle du microbiome intestinal dans le développement du DT1 chez les humains. Une théorie, celle de l’hypothèse de l’hygiène, suggère que la fréquence accrue des maladies auto-immunes est associée à des mesures de santé publique améliorées, lesquelles ont favorisé une meilleure santé et en même temps, une diminution de l’exposition des jeunes enfants à des microbes qui aident au développement de la fonction immunitaire.

Évaluer l’impact des microbiomes durant la grossesse et en début de vie sur la progression du DT1 permettra de préciser les interactions complexes entre les deux et de mener ultimement à de nouvelles stratégies de traitements et de prévention du DT1. 

Lets turn type one into type none