Utiliser la modification génétique pour protéger les cellules bêta greffées

L’un des traitements parmi les plus prometteurs pour le diabète de type 1 au cours des dernières années est celui de la greffe d’îlots – le transfert de cellules productrices d’insuline du pancréas d’un donneur à une personne atteinte de diabète de type 1 (DT1), lequel élimine le besoin d’injections d’insuline. Ce traitement peut offrir une plus grande flexibilité pour la planification des repas en raison de la régulation active des taux de glycémie, de même qu’une protection contre de graves complications à long terme, dont des maladies du cœur, des reins, des nerfs et des yeux.

 

Toutefois, certaines limites demeurent, comme l’approvisionnement de donneurs pour les greffes, le besoin d’immunosuppresseurs pour le reste de la vie et l’échec de la greffe. Celles-ci découlent de l’absence de protection des cellules contre l’attaque du système immunitaire et de leur incapacité à former les réseaux de vaisseaux sanguins nécessaires dont elles ont besoin pour se développer et fournir de l’insuline.

 

Dr Shugo Sasaki, chercheur financé par FRDJ et boursier de recherches postdoctorales à l’Université de Colombie-Britannique, procède à des tests sur des cellules bêta substituts provenant de cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) qui produisent une protéine spécifique (CCL22), laquelle aide à protéger les cellules bêta greffées de la mort et d’un fonctionnement déficient. Avec l’aide de son équipe, il espère établir si la modification génétique de cellules productrices d’insuline permet d’améliorer le succès des greffes chez les personnes atteintes de DT1 qui reçoivent un traitement de remplacement de cellules bêta. 

 

« Plus particulièrement, nous modifions les cellules souches pour produire la protéine CCL22 laquelle peut protéger les cellules contre l’attaque du système immunitaire », explique Dr Sasaki. « Si nous réussissons, nous pourrons alors modifier d’autres parties des cellules productrices d’insuline issues de cellules souches afin d’obtenir des cellules bêta optimisées. »  

 

Selon le Dr Sasaki, de récentes conclusions ont révélé que la modification de cellules productrices d’insuline peut préserver la fonction et la survie des cellules bêta issues de  cellules CSEh après la greffe, éliminant ainsi le risque de complications pouvant mettre la vie en danger et d’hypoglycémie (faible taux de glucose dans le sang).

 

Plus de 800 greffes d’îlots ont été effectuées à ce jour dans le monde. Compte tenu de l’incidence croissante de DT1, Dr Sasaki est d’avis que de nouveaux protocoles doivent être développés pour générer des cellules productrices d’insuline à partir de cellules souches pluripotentes humaines (autoreproductrices).

 

« En tant qu’endocrinologue praticien au Japon depuis 10 ans, j’avais l’impression que les patients avaient besoin d’un traitement plus sécuritaire et plus efficace au-delà des injections d’insuline parce que plusieurs d’entre eux ont de la difficulté à contrôler leur glycémie et sont aux prises avec des complications », raconte Dr Sasaki. « La thérapie cellulaire pour le diabète est très prometteuse, c’est pourquoi je suis venu au Canada afin d’en apprendre plus sur l’ingénierie des cellules souches. La médecine est un art fondé sur la science, et la science fait des miracles. »

 

Si cette démarche s’avère efficace, les résultats de l’étude du Dr Sasaki permettront d’améliorer l’optimisation de cellules bêta substituts fonctionnelles ayant une tolérance immunitaire, ce qui aidera à tracer le chemin vers une guérison du DT1.

Lets turn type one into type none